| Introduction Avant l'arrivée des Romains, notre région le Conflent fut habitée par le peuple des Cérètes . Certains historiens pensent que le nom de Joch provient de la langue de ce peuple et plus précisément du mot "diuko" signifiant fatigue du bœuf, allusion à la situation géographique élevée du lieu … d'autres pensent que le nom du village provient du celte " jukk " signifiant colline ou hauteur. |
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| Epoque romaine Une voie romaine " la strada confluentana " reliant le Roussillon à la Cerdagne traversait la plaine de Joch; on peut supposer que les Romains bâtirent, pour surveiller cette route, un poste sur la colline escarpée où se trouve actuellement le château. Sous les Wisigoths qui succédèrent aux Romains, Joch devint le siège de la vicomté de Conflent. |
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| Les vicomtes de Conflent Ces vicomtes étaient chargés de l'administration du Conflent et l'on peut penser que Joch avait peut-être déjà eu ce rôle administratif durant la domination romaine. L'histoire de ces vicomtes est confuse; on ne sait même pas s'ils résidaient régulièrement à Joch. L'un des premiers vicomtes que nous connaissons avait pour nom Eldesind, il est cité en 869. Nous rencontrons ensuite le vicomte Isarn cité en 955 et jusqu'en 968. Son fils Bernard puis son petit-fils Arnald lui succédèrent mais à partir de 1010 on ne trouve plus de vicomtes particuliers au Conflent. |
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| Les vicomtes de Cerdagne et leurs successeurs Il est probable qu'Arnald n'ayant pas d'héritier ait cédé ses droits à sa sœur, mariée à Seniofred vicomte de Cerdagne; leur fils Bernard devint ainsi vicomte de Cerdagne et Conflent. En 1035, Bernard prête serment et hommage pour le château de Joch au comte de Cerdagne son seigneur; c'est la première mention écrite connue de Joch. Ces vicomtes vont disparaître et au XIIe siècle la seigneurie de Joch appartient en indivis à deux familles: les familles d'Urg et de Castellbo (les comtes de Cerdagne et leurs héritiers les comtes de Barcelone puis les rois d'Aragon conservant le droit de haute justice sur la seigneurie). |
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| La famille d'Urg La famille de Castellbo (très liée aux Cathares) n'a pas joué un grand rôle dans l'histoire du village, ce n'est pas le cas de la famille d'Urg à qui l'on doit quelques décisions de première importance. Ainsi, en 1173, Galceran d'Urg obtient du roi d'Aragon le droit de posséder une fortification en terre ou en maçonnerie. Mais l'on retiendra surtout la date de 1282; cette année là, Gueralda d'Urg et son mari Arnau de Cortsavi autorisent les habitants de Joch, Finestret, Saorla (les trois villages de la baronnie) et ceux de Vinçà, Rigarda et Vilella à construire un canal pour amener les eaux de la rivière Lentillà et pouvoir ainsi arroser leurs propriétés de la plaine de Joch. En 1298, Pierre de Fenollet cousin de Gueralda d'Urg acquiert la seigneurie de Joch ; le ruisseau n'est pas encore terminé, faute de finances. Après de longues négociations entre le seigneur et les villageois, les travaux reprirent en 1301 et dés l'année suivante les eaux de la Lentillà coulèrent comme aujourd'hui au pied du château. En effet, au mois d'avril 1302, les habitants de la baronnie reconnaissent devoir moudre leurs grains dans les moulins que leur seigneur Pierre de Fenollet possède à Joch. Les moulins étaient situés près des cascades au lieu dit " lo salt ". |
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| La famille de Perellos Ayant épousé l'héritière de la famille de Castellbo et acheté l'autre moitié de la seigneurie de Joch à André de Fenollet, Ramon de Perellos devint en 1357 l'unique seigneur de notre village. Plus tard en 1365 il compléta sa possession en acquérant du roi d'Aragon les droits de haute justice de la baronnie. Ramon de Perellos décida de faire édifier la nouvelle enceinte du village " la fortsa " afin de protéger les habitants des incursions des Grandes Compagnies, bandes de mercenaires venant de France qui pillaient et ruinaient les villages du Conflent. La construction de" la fortsa " dura de 1361 à 1368 , ce sont les remparts que l'on peut encore voir de nos jours . Sa fille Eléonore surnommée " la dame de Joch " lui succéda, elle resta en possession de la seigneurie pendant plus de soixante ans ( de 1384 à sa mort en 1459) . Vers 1440, elle parvint à agrandir considérablement la baronnie en acquérant les lieux de Rigarda, Glorianes et Sahilla. Mariée deux fois mais n'ayant jamais eu d'enfants, ce fut son neveu Bernard de Perapertusa qui hérita de ses biens, il vint alors s'installer au château de Joch. |
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| La famille de Perapertusa Ce sont les seigneurs qui ont le plus marqué l'histoire de la baronnie, ils firent du château de Joch leur résidence principale jusque dans les années 1650. Leur blason " d'or au chef cousu du même chargé de trois losanges de sable " peut être à juste titre considéré comme le blason du village. Citons donc les barons de Joch issus de cette famille : Petit-fils de Bernard, Gaston de Perapertusa rédige son testament au château de Joch le 25 février 1505, souhaitant être inhumé dans l'église paroissiale. François de Perapertusa, son fils, devient l'un des seigneurs les plus puissants de la région. Possédant, outre la baronnie de Joch, divers lieux en Fenouillèdes ( Prats, Sequera, Trevillac, Rabollet.. etc. ) il acquiert, en plus, en 1543 la seigneurie de Rodés. Antoine de Perapertusa lui succède vers 1554 et meurt en 1583, son fils Jacques ayant séjourné à Barcelone durant l'été 1591 y contracta la peste et mourut en Septembre lorsqu'il décida, hélas trop tard, de fuir la ville. Pierre de Perapertusa, frère et successeur de Jacques est le plus célèbre de nos barons.Il naquit et fut baptisé au village en janvier 1573. Devenu seigneur de Joch, il chassa en octobre 1592, avec l'aide de ses vassaux , cinq à six cent luthériens de France qui avaient assiégé la ville de Vinçà et en commençaient le pillage. En 1600, le roi d'Espagne accorda à Pierre de Perapertusa le titre de vicomte de Joch. Pour fêter ce grand événement, le nouveau vicomte autorisa les habitants de Joch à établir à leur profit les droits de mesurage, taverne, hôtellerie, boulangerie et salaisons. Pierre de Perapertusa dut mourir à Barcelone vers 1624 mais ce n'est que le 20 Mai 1635 que son corps fut ramené à Joch et enseveli dans l'église du village, là où reposaient déjà ses parents, dans un tombeau au pied de l'autel de la Vierge. Antoine de Perapertusa, second vicomte de Joch, fils de Pierre est mentionné dans de nombreux documents de 1624 jusqu'en 1652, il demeure au château avec toute sa famille et ses domestiques, s'absentant parfois pour aller en Espagne et plus particulièrement à Barcelone où il possédait des biens considérables. En 1651, il fit agrandir la chapelle St Pierre et St Paul du château. Cette chapelle est de nos jours devenue maison particulière, il n'en reste que le portail. Lorsque en 1659, au traité de Pyrénées, le Roussillon devint français les vicomtes de Joch quittèrent définitivement le Conflent pour s'installer dans la capitale catalane. |
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| Du traité des Pyrénées à la Révolution française Antoine de Perapertusa meurt en 1676, ses héritiers deviennent alors totalement étrangers à Joch. Ils en sont pourtant toujours les seigneurs et s'y font représenter par leurs procureurs. En 1756, la comtesse d'Aranda , vicomtesse de Joch, héritière des Perapertusa, consentit à aider financièrement la communauté de Joch pour l'édification de la nouvelle église. Son fils le Comte d'Aranda, grand d'Espagne et ami personnel de Voltaire, est le dernier vicomte de Joch ; en 1776 il fit don de six cent livres pour terminer la construction de l'église. |
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| La période révolutionnaire On ne peut évoquer cette période, somme toute assez calme dans le village, sans parler de François Molins. Issu de l'une des familles les plus aisées du village (on peut encore voir leur maison dans la fortsa avec la date 1623 gravée sur le portail) François Molins qui était prêtre devint très vite un ardent partisan des idées nouvelles nées de la révolution française; il écrivait à propos des droits féodaux: "ces droits odieux de l'ancien régime qui excitèrent le peuple à une révolution dont la liberté fut l'heureux résultat". En 1792, contrairement à la plupart des membres du clergé de la région il prêta serment à la nation et à la constitution décrétée par l'assemblée nationale; qui plus est, en 1798, il devint maire tout en restant curé du village! En 1802 il dut choisir entre ces deux fonctions et décida de rester maire du village et ce jusqu'en 1816. Lors de la vente des biens du clergé il acquit l'ancien presbytère ( actuelle mairie de Joch ) et en fit sa demeure. Dans les premières années du XIXe siècle le château et ses dépendances furent eux aussi vendus, morcelés en diverses parcelles, à plusieurs habitants du village. |
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| Le XIXe siècle et le début du XXe siècle. En 1867 on entreprit de construire l'actuel clocher en surélevant le petit clocheton d'origine. Les cloches et l'horloge furent livrées en 1870. Au cours du XIXe siècle, le problème le plus important fut celui de l'instruction des jeunes gens. La première école de Joch était située près de l'église dans une salle bien trop petite pour accueillir tous les enfants du village (c'est actuellement la salle du troisième âge). On décida donc en 1880 de construire une nouvelle école; les travaux durèrent deux ans et en 1882 l'école de Joch put recevoir 56 élèves : 29 filles et 27 garçons. La population ayant fortement diminuée tout au long du XXe siècle, l'école du village ferma ses portes en 1967. Cette baisse démographique commença à se faire sentir dés la fin de la guerre de 1914 durant laquelle vingt jeunes hommes du village trouvèrent la mort; un monument édifié près de l'école leur rend hommage. Joch qui, au milieu du XIXe siècle avait compté jusqu'à 320 habitants, vit sa population baisser sans cesse pour atteindre 120 personnes dans les années 1980 et ce n'est que depuis quelques temps qu'heureusement une certaine augmentation du nombre d'habitants se fait sentir : 146 au dernier recensement. Notons enfin que Joch est le village natal de Francis Català ( 1929-1988 ) médecin et poète catalan. "Més enllà del mar m'espera, Conflent, en un corn de mon;
Més enllà del mar, ma terra amb el sol que hi riu damunt."
F.Català. Camins |